Exemple de DMX: Bonheur ou Malheur?

Exemple de DMX: Bonheur ou Malheur?

J'aimerai vous raconter une petite anecdote qui a beaucoup de signification pour moi.
Il y a un an, pendant un après-midi, je discutais devant chez moi, dans la rue, avec un ami à moi pour lequel j'ai de l'estime, et de l'admiration pour son intelligence et sa sympathie.
Lui comme moi, nous sommes passionnés par le rap, mais attention, quand je parle de rap, je ne parle pas du hip-hop médiatisé dans l'actualité, je parle du vrai rap, celui en qui réside la reflexion, l'intelligence de la rime, l'efficacité du beat et l'aisance de la langue.
Bref, je causais avec mon pote, et à un moment, je lui dis que j'envie énormément DMX.
Je lui explique que cet individu est pour moi hors du commun: il vient de la rue, il a vécu l'enfer du bitume, il a connu la prison, il a été entrainé dans des bastons, il a prit des substances douteuses, il a pu trouvé sa voie dans le rap, il a réussi à se créer un univers musical imparable, il a de bons écrits, il a un flow qui tue, il pose toujours sur de bonnes instrus, il est beau gosse, il est bien musclé, il a de la classe, il a un charisme imposant, il est bon acteur, il dégage au travers de son regard quelque chose de fort et de sincère, il doit avoir toutes les femmes à ses pieds, il est devenu célèbre...
Mon ami m'a alors posé cette question: "Est-ce qut tu as été lui demandé s'il était heureux? A mon avis, je ne crois pas qu'il le soit, vu toute la came qu'il prend, vu comment il se shoote. Et pourtant, ce gars a tout pour plaire."
Alors, moi, j'ai répondu: "Tu sais, moi, je ne cherche pas à être heureux, loin de là, je cherche juste à être créatif."
Mon ami m'a regardé d'un drôle d'air, mais voyait que je pensais ce que je disais.
C'est quoi ce concept du bonheur? Pour moi, il n'y a pas de bonheur qui puisse exister, en tout cas en ce qui me concerne. Il y a des petits moments de joie et de plaisir, certes, et je m'attache également à eux pour pouvoir vivre, mais dans son ensemble, selon moi, l'existence est constituée de douleur, de tristesse et de desespoir.
Trouver ma voie, et être dans un processus créatif n'implique pas que je sois heureux, ces actes impliquent juste que j'essaye de construire quelque chose parmi toutes ces ruines.
Je vous demande de méditer la-dessus, même si vous ne pensez pas un seul mot de ce que j'ai dit.
# Posté le jeudi 28 juillet 2005 09:09

"Solaris" et "Stalker", deux films philosophiques d'Andreï Tarkovski

"Solaris" et "Stalker", deux films philosophiques d'Andreï Tarkovski

Il est de ces réalisateurs inconnus du grand public, maudits par leurs semblables, haïs par tous, mais qui restent les artistes les plus talentueux de leur époque, et dont leur oeuvre commence à émerger seulement aujourd'hui, à refaire surface pour mieux être mise en valeur.
Andreï Tarkovski fait partie de ces artisans qui se sont poussé à concevoir et à créer, hors des feux et de la gratitude universelle, des dons pour les hommes, qui au lieu de les repousser et de les fuir, devraient méditer sur eux.
Tarkovski a réalisé des films qui sont des chefs d'oeuvre incontestables du cinéma, bien que méconnus, et qui sont d'une beauté et d'une richesse visuelle très forte et très émouvante.
Je me penche sur mes 2 films préférés de ce cinéaste russe qui est mort en 1986, ces 2 films que sont "Solaris" et "Stalker".
Evidemment, "Andreï Roublev" et "Le Sacrifice" sont sans conteste de très beaux contes religieux et philosophiques, mais "Solaris" et "Stalker" sont encore plus remarquables.
Leur lenteur extremment remarquable en fera fuir certains dès les premières minutes.
Tarkovski est perdu dans la contemplation de ses personnages, qui tentent tous d'échapper à l'humanité, et à toute la cruauté et au vice qu'elle a à leur offrir pour mieux se réfugier dans un idéal utopique, un idéal surnaturel, mais qui malheureusement leur fait office de miroir et les oblige à retourner dans la brutale réalité.
Dans "Solaris", dont Steven Sodebergh a tourné un remake lamentable avec George Clooney, l'histoire est la suivante: une station spatiale a rompu le contact avec la Terre, alors qu'elle était en gravitation autour de la planète Solaris pour y étudier sa composition.
Un scientifique y est envoyé pour mener l'enquête et assurer le rapatriement de tous les passagers. Mais sur place, il découvre que des "visiteurs" hantent le vaisseau. Lui-même est confronté à un visiteur qui n'est autre que sa femme, décédée 7 ans plus tôt.
La planète Solaris est en fait un immense cerveau qui expérimente ses capacités sur les humains dans le but de mieux les étudier en les confrontant à leurs souvenirs et à leurs démons.
Le récit est insolament étiré en longueur, la caméra fouille chaque recoin des décors, qui même s'ils sont en toc et irréalistes, restent quand même étouffants et envoutants, tout comme la musique classique qui imprègne au film une ambiance terriblement mélancolique et triste. Triste comme cette existence qui emmerde tout le monde, triste comme notre sort inévitable qu'est la mort. Ceci étant dit, Tarkovski concentre tous ses espoirs et toute son optimisme à travers les personnages, portant les germes d'une redemption par la pensée et par la reflexion. Les plans, très longs, très observateurs, les mouvements de caméra, en retard sur l'action, les inserts incrustés qui laissent transparaître des directions vers d'autres inconnus, et la beauté picturale de l'ensemble font de "Solaris" un véritable poème humaniste et visionnaire, non pas dans le sens technologique, mais dans le sens philosophique.
"Stalker", réalisé en 1979, 7 ans après "Solaris", est également remarquablement lent et étiré. Le récit se déroule dans un futur proche, où une météorite s'est écrasé sur la Terre. Pour l'étudier, l'Etat envoya l'armée, qui ne revint jamais. On dressa un périmètre autour de l'endroit où s'est écrasée la Météorite, une "zone", où tout est abandonné et inhabité.
Dans cette "zone" qui est un véritable no man's land se situe une chambre des désirs où tout humain qui y accède peut réaliser son rêve le plus cher. Mais pour parvenir à cet endroit, il faut un "Stalker", un guide qui, affuté de sens très dévellopés, et d'un don inconnu, est capable de déjouer les enjeux et les pièges mortels durant le parcours. Un professeur et un écrivain, déprimés par l'ennui de leur existence morne, organisent une expedition avec l'un d'eux pour parvenir à la chambre des désirs.
"Stalker" est de ces films de science-fiction/fantastique où rien n'est montré, aucun effet spécial, aucun monstre, aucune apparition, mais où tout est suggéré, supposé, non-dit.
L'effet est d'autant plus remarquable, angoissant, inquiétant...
Mais "Stalker" n'est pas seulement un film fantastique, loin de là, il est un récit poétique, lui aussi mélancolique, figé, où tout espoir de survie réside dans la découverte de cette chambre. Les décors sont magnifiques, constitués de ruines, de terrains vagues, de bois délabrés, et de misère matérielle. Tarkovski filme impeccablement bien ses protagonistes, la caméra effectuant des superbes travellings lents et non précipités, permettant au spectateur de se mettre dans le même rythme de vie que les personnages. Et pourtant, on ne s'ennuie pas une seule seconde, tellement l'oeuvre est magnifique, belle, éblouissante, et révélatrice sur l'homme, sur son inconscient, sur ses peurs, et sur sa foi en de meilleurs jours pour lui. "Stalker" est beaucoup plus aboutit que "Solaris", mais tous deux se ressemblent dans leur message et dans la vision de l'humanité qui s'en dégage.
Bref, 2 films qui se regardent pour leurs qualités, mais aussi pour leurs défauts, leurs incohérence, leur maladresse qui leur donne un charme supplémentaire, mais qui sont incroyablement poétiques et épris de reflexion, de tristesse, et de larmes.
Tarkovski restera un maître, et ses rares inconditionnels lui resteront à jamais fidèles.
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# Posté le vendredi 29 juillet 2005 09:18

Un Lion est mort ce soir

Un Lion est mort ce soir

Marc-Vivien Foé, footballeur professionnel camerounais, fut victime d'un malaise le Jeudi 26 Juin 2003 en pleine demi-finale de la coupe de confédération contre l'équipe de Colombie.
S'écroulant sur la pelouse du stade Gerland à Lyon à la 72eme minute, le joueur a été évacué sur le bord du terrain en civiaire, inconscient, les yeux révulsés, la machoire grande ouverte, le corps inanimé.
Dans le bloc de premier secours à coté du stade, on tenta de ramener Foé à la vie, en vain.
Le lion est tombé en pratiquant le sport qu'il aime, la passion qui illumina toute sa vie, et qui le conduira à sa propre perte. Ce jeudi 26 juin fut un jour tragique pour le football international, une date de deuil, de larmes et de sanglots.

Le lendemain, Hervé Penot, Jean-Michel Rouet et Jean-Philippe Cointot du journal L'Equipe écriront ces lignes:
<Un cri, un long cri de douleur s'extirpe des entailles de Gerland. Les visages se figent. Il est un peu plus de 20 heures et un officiel de la FIFA vient de briser le silence; Marc-Vivien Foé est mort, décédé dans ce stade de Lyon, dans sa ville, là où il venait tout juste d'avoir un troisième enfant, là où il conservait toujours une maison, là où son frère poursuivait ses études. A 19h36, il était tombé comme une pierre au centre du terrain. Seul. Sans le moindre choc. Un mauvais pressentiment a tout de suite enveloppé les tribunes...
Vers 20h30, Alfred Müller, le médecin FIFA, confirme le décés de manière brève dans une conférence écourtée. "J'ai une nouvelle très triste à vous annoncer...Foé est mort. Il est sorti de la pelouse, son coeur s'est arrêté de battre. On a essayé de le réanimer pendant 45 minutes mais il n'y a pas eu de réaction. C'est un jour très triste pour le football, pour la FIFA, pour la famille."
Sur la pelouse, une infirmière psychiatrique s'occupe déja de son fils, présent, comme toute sa famille, pour cette demi-finale. Premiers soins d'urgence. Pas bien loin, les sanglots emplissent le siège de l'OL. Bernard Lacombe, présent au stade, restera de longues minutes dans son bureau, quasiment hagard. Beaucoup plus loin, à Tignes, ses équipiers, en stage, tombent sous le choc.
Paul Le Guen, l'entraineur, demande à Phillipe Violeau, l'ancien, de passer dans les chambres.
"Ca n'a pas été facile, explique le capitaine. C'est horrible. Ca nous donne la chair de poule. La réalité est parfois très difficile à accepter...." Peguy Luyindula, le copain, terriblement affecté, ne peut pas parler. Olivier Blanc, chargé de la communication de l'OL, se rappelle Luc Borelli, décédé dans un accident de voiture. Une autre figure du club. Un autre moment de désolation. "Ca remonte beaucoup de souvenirs" glisse-t-il, la voix brisée.
A Lens, son premier club français, mêmes larmes, mêmes difficultés. Les mots ne sortent pas. Trop dur. [...]
Les Bleus, qui disputaient le soir même l'autre demi-finale contre la Turquie, ont gagné de justesse 3-2, le coeur à l'envers. Un homme, un ami, un collègue est mort. C'est tout ce qui compte. Les joueurs qui quittent le Stade de France, en baskets, le sac sur l'épaule, ne viennent pas de gagner un match mais de perdre quelqu'un. Ils sont bouleversés, ou hagards. Les yeux mouillés de larmes, comme Grégory Coupet, très lié au défunt.
"Dans ces moments-là, il faut rester digne, dit-il. C'est le meilleur moyen de lui rendre hommage. On a joué machinalement."
Jacques Santini et tous ceux qui ont connu Marc-Vivien Foé ont pleuré après l'annonce de son décès. Le sélectionneur aurait voulu encourager et embrasser ce jour-là un homme, et revenir un an en arrière quand il fêtait le titre de champion de France dans un Lyon en folie près de l'immense sourire de l'un de ses plus généreux combattants qu'était le camerounais. Il avait le regard humide, Jacques Santini, au moment de la poignante minute de silence respectée par les 2 camps de supporters, à part les 3 ou 4 imbéciles habituels.
Le staff a décidé d'enlever Steve Marlet de la feuille de match afin de lui éviter d'être tiré au sort pour le contrôle antidopage et de prolonger une horrible soirée. Ce dernier, très proche lui aussi de Foé, cacha tout au long du match sa douleur, assis sur le banc de touche, le visage enfoui dans la paume des mains. C'était dans le vestiaire, "on enfilait nos maillots", raconte Silvestre. "Quand Grégory Coupet est entré le premier sur la pelouse pour l'échauffement, c'était davantage que de l'émotion, relate le sélectionneur. Entre le moment où on l'a su et le coup d'envoi, le vestiaire était ailleurs. Les joueurs se sont comportés en hommes et je voudrais dire que j'ai des pensées très émues pour l'épouse et la famille de Marc-Vivien."
L'émotion, la douleur, pendant tout le match. "Dès qu'il y avit un arrêt de jeu, on y pensait", explique Silvestre. "Quand le ballon n'était plus sur le terrain, on se regardait pour voir si tout le monde était là.", dit Benoît Pedretti. "Je ne souhaite pas trop en parler, par respect pour sa famille, dit Thierry Henry, je lui dédie mon premier but. Je sais que ce n'est rien, mais c'est tout ce que je peux faire."
Dès lors, les Français ne savaient pas s'ils retrouveraient les Camerounais le dimanche d'après, si la finale se jouera normalement. Ils s'interrogent clairement sur l'opportunité de la maintenir, comme Bixente Lizarazu ou Ludovic Guily. "A mon avis, on ne doit pas la jouer, explique le second. C'est un peu indécent. Je ne vois pas où les Camerounais puiseraient leur force."
"On comprendrait qu'ils ne souhaitent pas la disputer, ajoute William Gallas. On se conformera à leur décision." Marcel Desailly pense la même chose, et le capitaine de l'equipe de France ajoute: "Si cela était arrivé à l'un des nôtres, il est sur que nous jouerions pas".
En attendant, le football pleure un homme bien. "Foé, c'était un sage qui ne parlait pas beaucoup, mais qui observait, c'était un grand monsieur." souligne Olivier Blanc. Les compliments pleuvent. Seydo Njoya Mbomban administrateur à la fédération camerounaise: "Je suis extrêment abattu, ça va être une grande douleur au Cameroun."
En effet, la qualification du Cameroun n'a évidemment pas été accueillie dans les rues de Yaoundé par les traditionnels défilés de voitures et ses coups de klaxon. A la sortie du joueur sur une civière, les hommes, les femmes, et les enfants rassemblés dans les débits de boissons et autres lieux publics pour suivre le match sont restés cloués sur place, attendant qu'on les rassure sur le sort de Marc-Vivien Foé.
La télévision nationale a alors arrêté le programme de retransmission spéciale pour annoncer le décès de joueur dans un bulletin spécial d'information. "Le président de la Républiquee, Paul Biya, et Mme Chantal Biya ont adressé un message de condoléances à la famille de Foé et à l'équipe des Lions indomptables" a par ailleurs annoncé la présentatrice. Dans les rues de la capitale camerounaise, les supporters se sont effondrés.
Pierre Lechantre, ancien entraineur des Lions, était évidemment touché, lui aussi: "C'était un grand et il a été en grande partie responsable du renouveau du Cameroun, en 2000, à la CAN. Un gars attachant qui avait tout fait pour son père. J'étais même allé au baptême de son deuxième enfant..."
Foé était l'homme des mots utiles. C'est ainsi que Pape Diouf, son ami et son agent, le définissait. Marc-Vivien Foé était loué de tous de tous pour son humilité et sa simplicité.
Avant même de commencer à lui parler, on se sentait déja coupable. Coupable de venir perturber cette ombrageuse nonchalance dont il se servait pour mettre un point final à toutes les conversations avant même qu'elles n'aient commencé. Foé n'aimait pas s'exprimer et préférait davantage se réfugier dans ses pensées afin de tenir des conférences au sommet avec lui-même.
Alors souvent, trop souvent, le géant emmenait sa longue carcasse sur des chemins de traverse pour éviter les mauvaises rencontres. "Je suis comme ça, je n'y peux rien" expliquait-il un jour dans un avion, entre Douala et Paris, sans lever son regard d'une grille de mots croisés. Même au Cameroun, je passe pour quelqu'un de très réservé. Il n'y pas mal de gens qui ne m'approchent pas à cause de ça. Mais je reconnais aussi que je n'ai pas toujours grand-chose à dire." Marc-Vivien Foé expliquait régulièrement avec ses yeux ce que sa bouche avait la sagesse de taire.
Pape Diouf, son homme de confiance sénégalais, avait mis longtemps avant de cerner le caractère atypique de ce dévoreur d'espaces. Il y a quelques années, l'agent, l'ami, reconnaissait: "Quand on se téléphone, nos conversations ne durent jamais plus de 3 ou 4 minutes. Marc-Vivien, c'est l'homme des mots utiles. L'accessoire n'a pas de place dans sa vie. C'est l'anti-Africain par excellence. Pour résumer le personnage, je dirais que Marco sait exactement ce qu'il ne veut pas à défaut de toujours savoir ce qu'il veut."
Henri Depireux, l'entraineur des Lions Indomptables en 1997, a appris la triste nouvelle ce soir-là, comme tout le monde, en regardant la coupe des confédérations à la télé. Effondré, le Belge a eu du mal à exprimer ses sentiments: "C'est vrai, il était plus européen que les autres. Beaucoup plus réservé aussi, mais il savait ce qu'il voulait. Quand il avait quelque chose à me dire, on allait prendre un verre dans un coin et on s'expliquait. C'était un gars cultivé qui detestait les histoires. Cela provenait de son éducation."
Foé dira un jour: "Je voulais être pro et je me devais de l'être en toutes circonstances."
Le soir de sa mort, ses coéquipiers sont restés longtemps prostrés, certains totalement incapable de bouger, dans des scènes de recueillement. Ils ont quitté le stade vers 22h30, sept minutes après les Colombiens. L'ambulance transportant Foé a prit une autre direction. Mais personne ne l'oubliera.>
# Posté le mardi 30 août 2005 13:47

Collectif Savigny Rebelle

Alors, voilà, je mets un article sur la mairie de ma ville qui a fait preuve d'actes scandaleux et révoltants au cours de ces dernières années.
Il y 2 ans et quelques mois, le gouvernement français, avec à sa tête Jean-Pierre Raffarin, a décidé de mettre en place une réforme importante sur les retraites et sur le service scolaire, ce qui a entrainé d'importantes manifestations et des contestations de part et d'autre dans la France entière.
A Savigny, notre député-maire de l'UMP a imposé une "repression" au sein de la ville.
Dans toutes les écoles maternelles, primaires, les collèges et les lycées de la ville, les élèves, les enseignants et les parents d'élèves avaient accroché des banderoles à l'entrée des établissements. Le maire a envoyé des CRS enlever et déchirer les banderoles, et violenter ceux qui tenteraient d'en remettre. Des patrouilles ont été envoyées partout dans les rues pour mater les contestataires et leur inspirer une crainte d'une insurrection municipale.
A la MJC de la ville, un groupe de chanteuses, le "Quartet Buccal", joue lors d'un festival organisé dans la grande rue, et après avoir livré une splendide interprétation, discourte sur la réforme des retraites et appelle à persister dans la contestation vis-à-vis du gouvernement. Résultat, mon héros de maire, apprenant les faits, menace d'expulser ce groupe de sa municipalité. Il pose un ultimatum à la MJC: soit cette dernière met fin au contrat du "Quartet Buccal" qui le lie au service culturel de la ville, soit la mairie supprime toutes ses subventions à la MJC, ce qui représente une perte de 95 % de son budget pour faire fonctionner et organiser ses activités culturelles.
La MJC, la main sous la gorge, doit se plier aux exigences de la mairie et met un terme au contrat du "Quartet Buccal". Et la liberté d'expression, elle est passée où?

2 ans plus tard, alors que la réforme des retraites a été appliquée et que la réforme Fillon sur l'éducation nationale fait grand débat au sein de l'opinion publique, notre cher maire (qui occupe ce poste depuis 24 ans!) reçoit dans sa ville deux familles congolaises venues se réfugier pour fuir la guerre civile qui grandit dans leur pays natal.
Mais, comme ces deux familles sont sans papiers, Monsieur le Maire bien-aimé leur interdit tout accès aux services publics de la ville, et leur fait comprendre qu'ils ne sont pas les bienvenus à Savigny. Leurs enfants ne peuvent donc pas aller à l'école publique, les parents ne peuvent bénificier de bourses, d'aides financières.
"C'est légitime" selon les dires du très honoré Maire.
Coup de tonnerre, fureur dans les rangs, le collectif Savigny Rebelle, auquel ma mère participe, qui a été bati depuis plusieurs années pour s'opposer à la politique de Mr le Maire et faire pression sur son administration, décide de manifester le mécontement des saviniens par rapport à cette forme d'exclusion digne d'un maire du FN ou du MNR.
Le 17 juin dernier, durant une commération faite devant la mairie en l'honneur de l'appel du Général De Gaulle le 18 juin 1940, nous sommes venus à 28 pour demander des comptes à Mr le député-maire qui régit la ville en tyran. Arrivés sur la place de la Mairie, alors que notre très aimé chef est en train de prononcer un discours rendant hommage à De Gaulle, alors qu'une gigantesque affiche de Jean Moulin est placardée sur la porte de la salle des fêtes, alors qu'un orchestre joue la Marseillaise de façon nationaliste, nous nous revettons de tee-shirts blancs avec un slogan écrit en bleu "Droit à l'école pour chaque enfant".
Evidemment, cela n'est passé inaperçu aux yeux de personne.
Mr Le Maire a fini son discours, pendant que nous respections la cérémonie et ne disions rien, et a serré la main à des ambassadeurs. A ses cotés, les 2 représentants du Parti socialiste qui travaillent à la mairie étaient en train de lui embrasser les pieds.
Quand ces 2 traitres sont passés devant nous, ils ne nous pas dit un mot, même pas regardé dans les yeux, fait un signe de la tête.
Une fois que la commération s'est achevée, tout le monde est parti, mais nous sommes restés face au Maire, ne bougeant pas d'un cil.
Ce dernier est venu vers nous de manière aggressive et nous a demandé de partir. Mais comme il a vu que nous étions quand même une trentaine, il s'est calmé et a accepté de dialoguer, peut-être pour se faire bien voir de ses électeurs qui étaient encore sur les lieux, et esperer en obtenir d'autres et promouvoir sa prochaine campagne électorale.
Nous avons posé nos revendications, lui disait que ces familles "clandestinnes" ne pouvaient en aucun cas bénificier des institutions françaises puisqu'ils n'étaient pas de branche nationale. Peu à peu, notre maire, visiblement sous l'effet d'alcool ou d'un antidepresseur, divague, begaye, tente bien que mal de nous charmer avec un speech digne d'un acteur de mauvais vaudevilles, bute et hésite tout le temps sur ce qu'il veut dire. Bref, notre homme est court d'arguments, et essaye de nous faire croire qu'il peut encore tenir face à notre pression en hurlant: "Mais attendez, attendez!... Attendez... Laissez-moi finir!...". Bref, comme s'il espère nous séduire, voilà que notre ami se met à tous nous tutoyer, à nous donner des tapes amicales sur l'épaule, à nous appeler par des surnoms censés être sympathiques du genre: "Ma cocotte! Mon copain! Mes amis!"
Comme nous insistons, le maire prend à part l'un des rebelles, et lui montre l'affiche de Jean Moulin du doigt en disant: "Tu vois cet homme là-bas? C'est un citoyen modèle, un homme qui est mort pour son pays, pour sauver la France, malgré la torture. C'est l'exemple même à suivre de notre nation. Et toi, avec tes copains, tu viens gacher notre hommage?"
Puis, coup d'éclat, le maire affirme qu'il n'est pas au courant du cas de ces 2 familles congolaises, et accepte de rouvrir leur dossier et étudier leur cas. Pour garantir qu'il tiendra promesse, il signe l'un de nos tee-shirts par "Bon pour accord", essaye de nous serrer la main, et prend ses clics et ses clacs.
Nous, on reste très sceptiques. Nos tee-shirts sont soigneusement rangés, mais prêts à être réendossés si notre vénérable député-maire ne tient pas ses engagements.
2 mois et demi plus tard, les enfants ont été reçus à l'école...de Juvisy, ville voisine!
En effet, les familles avaient prit rendez-vous à la mairie de Savigny pour scolariser les enfants, mais ce RDV était le 5 septembre, soit 3 jours après la rentrée des classes, ce qui signifiait que les enfants ne pourraient pas y aller avant plusieurs semaines. Heureusement, les deux familles avaient prit l'initiative de faire une autre démarche en parallèle à la mairie de Juvisy.
Le maire savignien a gagné, il n'a pas respecté sa promesse, et ça n'est plus son problème.
Le collectif Savigny Rebelle a décidé d'écrire une lettre ouvert qu'ils enverront à la Mairie, au Conseil Général de Savigny, au Conseil Départemental et même Régional.
Or, il se trouve que le collectif comprend dans son ensemble des membres de la FCPE.
A la fête des associations, le Maire a été au stand de cette fédération de parents d'élèves, a insulté tous ceux qu'il a reconnu, a annoncé que désormais, la journée des metiers que la FCPE se prend le soin d'organiser au stade municipal serait désormais interdite, ou plutot payante, de l'ordre de 350 euros pour louer le stade, à moins de laisser tomber l'affaire avec les deux familles congolaises "clandestinnes" comme il le dit si bien.
Pour ma part, je refuse de céder à ce chantage, et j'estime que mon vénéré Maire baigne en pleine magouille. Nous devons exploiter ce chantage comme une faiblesse de sa part, ainsi que d'autres affaires douteuses et illégitimes, afin qu'il ne gagne pas les élections municipales prochaines qui se tiendront en 2007.
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# Posté le lundi 12 septembre 2005 11:09

187 Code Meurtre

187 Code Meurtre
Il est de ces films qui vous changent à jamais, et 187 Code Meurtre en est le premier.
Inspiré de faits-divers, le scénario relate un drame social, froid et urbain.
Trevor Garfield (joué par Samuel L. Jackson qui tient la son rôle le plus tragique) est un professeur de biologie passionné par son métier jusqu'au jour où l'un de ses élèves, après l'avoir menacé, le plante de 12 coups de pic à glace dans son lycée à Brooklyn, et le laisse dans un état critique.
15 mois plus tard, après avoir survécu à ses blessures, Garfield tente de reprendre son métier dans un établissement de la banlieue de Los Angeles. Malheureusement, Trevor va se retrouver à nouveau confronté à la violence, et, meurtri, ravagé intérieurement, il décide de se faire justice lui-même. Peu à peu, il sombre dans une descente aux enfers d'où il ne pourra plus en sortir.

Thriller choc, qui a été très vite retiré des salles américaines à cause de sa morale très ambigue et de la violence psychologique qui se dégage de ce film, 187 Code Meurtre est une oeuvre très étouffante, menée par d'excellents comédiens, et par une mise en scène qui place en avant le jeu de scène de Samuel L. Jackson, qui livre une interprétation hors du commun, perdu dans une tristesse, dans un desespoir palpable. Face à lui, des délinquants également bien joués par Clinfton Gonzalez Gonzalez et Lobo Sebastien entre autre sont ses démons intérieurs, et l'enfoncent dans une haine et l'incitent à la vengeance personnelle.
Kevin Reynolds, qui d'habitude s'aime à réaliser des grosses productions hollywoodiennes (Robin des Bois, Waterworld), s'essaye à un registre plus personnel et vise juste.
Ses plans sont bien cadrés, la lumière distillée à travers la caméra permet de rendre l'ambiance écrasante, absorbant la chaleur de Los Angeles et le malaise social qui s'en ressent. Alors, certes, le scénario laisse parfois place à des scènes un peu maladroites, mais quoi qu'il en soit, la peur est présente, l'angoisse, la crainte, et le mal-être ressurgissent au fin fond du spectateur, rendus plus intenses au fur et à mesure que l'histoire bascule de plus en plus, pour finalement nous laisser hagards et sonnés dans un climax (scène où la tension est au plus haut grade) surprenant et inattendu, qui enfonce définitivement le clou, sans lueur d'espoir, sans message constructif.
La musique du film (Massive Attack, Madredeus) permet d'accentuer le coté très sombre et ajoute à la tension.
Et quand le générique de fin apparait, il faut un certain temps pour revenir à une réalité qui nous semble triste et mélancolique.
L'impact que 187 Code Meurtre a eu sur moi fut tel qu'après l'avoir vu, je sentais que je n'étais plus le même, quelque chose était remonté en moi, et un sentiment de malaise emergea pour ne plus jamais me quitter.
Kevin Reynolds a donc ainsi réalisé une oeuvre obscure, sinistre, mais qui impose une certaine reflexion, et soulève l'un des nombreux débats qui entourent la société américaine avec cette désolante dégradation sociale que le film soulève de façon assez subtile.
# Posté le mardi 20 septembre 2005 07:07